Après avoir fait l’interprète dans le camp de Sangatte, puis travaillé pour Médecins Sans Frontières, Nazénine Lajili représente à Calais l’Organisation Internationale pour les Migrations. Cette organisation internationale, qui compte 120 États membres, n’a pas peur des contradictions puisqu’elle entend répondre à la fois « aux besoins des gouvernements et des migrants ». Nazénine Lajili reçoit dans son petit bureau du boulevard Jacquard [
1]. Son rôle principal : informer de la possibilité du "retour volontaire". Mais elle rassure : pas de pression au résultat. Et les sujets de conversation débordent bien souvent, faisant de la représentante de l’OIM à Calais une sorte d’assistante sociale des migrants, selon ses propres termes. Les entretiens se déroulent en persan, en anglais ou en arabe, autour d’un thé chaud. Votre rôle, c’est quoi ? Inciter les migrants à rentrer chez eux ? Non, on ne peut pas dire ça. Mon rôle n’est pas d’inciter au retour : je suis une borne d’information ambulante. Si un gars est malade, je lui indique où il peut se faire soigner, s’il veut faire une demande d’asile, je l’oriente vers la bonne personne... je donne des renseignements. Il n’y a pas de pression au résultat. D’ailleurs c’est l’Anaem [2] qui organise le retour volontaire. (...)
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